Séminaires & conférences

Le Flou, le Double, le Faux – Trouble dans l’ornement

Journée de séminaire au Paris College of Art

13 octobre 2017

Pour son deuxième partenariat avec le Paris College of Art, la garantie, association pour le bijou propose une Journée d’étude qui entend interroger, à partir du regard porté sur le bijou, en quoi l’ornement est d’autant plus intéressant qu’il est “mal vu”. La Journée est organisée en concertation avec le colloque organisé la veille au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris. Elle se fait avec le soutien de l’association D’un bijou à l’Autre, et se tient en français et en anglais.

La garantie, association pour le bijou, propose de faire suite aux trois séminaires qu’elle a déjà organisés autour du bijou et de se concentrer, à l’occasion du Parcours Bijoux 2017, sur les regards qui se posent sur le corps paré.

Ce colloque s’inscrit dans une réflexion contemporaine sur “l’épaisseur du superficiel” : nous partons du principe que l’ornementation participe à de multiples jeux idéologiques et identitaires – et pas seulement artistiques. Nous avons à cœur cependant de remettre en question l’axiome selon lequel l’ornement est forcément ostentatoire, qu’il se donne toujours à voir pour préciser et édifier le regard de l’autre. Nous partons au contraire de l’hypothèse que le bijou accompagne aussi des stratégies d’occultation : il aveugle, brouille les pistes, fait semblant, et peut se faire la marque de communautés marginales ou marginalisées. Ces stratégies d’esquive font étrangement écho à des techniques de censure: ensemble, elles délimitent un espace rhétorique particulier de divulgation/réfutation de soi.

Les six intervenants, français et étrangers, proposeront différentes analyses de ces visions imparfaites. Ils et elles iront chercher le bijou là où il croise les questions du flou, du faux, du « non-vu », et du non visible. Certains des thèmes évoqués se retrouvent aussi bien chez des chercheurs en Visual Studies, des historiens du droit, des philosophes, que des anthropologues : cette rencontre nous permet de confirmer le positionnement résolument interdisciplinaire de la garantie. Le colloque se terminera par une discussion critique sur les partis pris thématiques et scénographiques de l’exposition Medusa, Bijoux et Tabous (Musée d’Art Moderne) en compagnie des trois personnes qui l’ont conçue.

Coordinateur de projet
Benjamin Lignel

Programmation
Brune Boyer, Benjamin Lignel, Caroline Volcovici

Partenaires
D’un Bijou à l’Autre, Paris College of Art

Nous tenons à remercier  Linda Jarvin et Sara Krauskopf, au Paris College of Art, pour leur soutien durable.

Laure Carbonnel est docteur en anthropologie attachée au LESC à Nanterre. En 2015 elle soutient sa thèse les k r dugaw du Mali, comportements et groupements bouffons. En 2016-2017, elle a poursuivi ses recherches sur les parures des bouffons rituels au musée du quai Branly-Jacques Chirac.

Massimiliano Mocchia di Coggiola étudie la peinture et la restauration à Turin (Italie), où il se spécialise dans la critique d’art et en muséologie. Il vit à Paris depuis et l’illustration. Il collabore par la rédaction et le dessin d’articles et d’illustrations pour plusieurs magazines italiens, français et internationaux. Son premier livre en français vient de paraître: “Dandysmes”, pour l’éditeur Alter Publishing.

Philippe Liotard analyse les manifestations et les modifications culturelles du corps dans ses dimensions fonctionnelle, esthétique ou identitaire. Il enseigne à l’Université Lyon1. Après avoir co-créé la revue.

Ariane Temkine est titulaire d’un master en histoire de l’art à Paris III portant sur l’histoire des formes scéniques queer et a camp culture. Elle s’intéresse désormais aux enjeux de queer coding dans les produits de la pop culture contemporaine, et aux représentations des sorcières comme figures féministes.

Paul Faggianelli-Brocart, doctorant à l’université Paris-Ouest Nanterre s’intéresse a la construction des territoires dans le roman colonial européen du XIXe (France, Angleterre, Belgique), et aux rapports entre sciences et fiction dans divertissements populaires . Il est  co-directeur du laboratoire junior Théories et Performances de Genres, qui mène des recherches queer et féministes à partir de perspectives situées.

Alena Alexandrova est philosophe, théoricienne de la culture et commissaire indépendante, basée à Amsterdam. Elle est professeur associée à la Faculté des Beaux Arts, de la Musique et du Design de Bergen, et enseigne au sein du département des Beaux Arts de la Gerrit Rietveld Academie, Amsterdam.

Frédéric F. Martin est professeur d’histoire du droit à l’Université de Nantes. Intéressé au départ par les rapports entre normes juridiques et formes, il a récemment élargi son champ de recherche aux formes matérielles et immatérielle de normes juridiques et sociales. Frédéric est aussi un compagnon de route du bijou contemporain depuis de longue année : il a été – entre autre-  co-curateur de Différence et Répétition une exposition de bijoux et d’objets présentée en Norvège et en France.

Marie Canet est historienne de l’art, programmatrice et professeur d’esthétique à École des beaux-arts de Lyon. Elle a collaboré avec des institutions telles que le Musée d’art et d’histoire du Judaïsme, le Centre Pompidou ou la South  London Gallery. Elle a publié : Posture  et talons hauts (2011, Les presses du réel / Toasting Agency / Strenberg Press), Bruno Pélassy, HIV+Cinema (2015, Dilecta), Palestine, Prénom Charlemagne (2017, Les presses du réel). A paraitre en 2018 Énoncé Queer, communauté Trans (Les presses du réel).

Aurélie Chatenet-Calyste Agrégée d’histoire, docteure en histoire moderne et maîtresse de conférences en histoire moderne à l’Université de Lorraine (Metz), mes recherches portent sur la consommation des élites curiales à l’époque moderne et tout particulièrement sur l’histoire du corps, du paraître et de la culture des apparences des femmes de l’aristocratie au XVIIIe siècle. Elle a notamment publié Une consommation aristocratique fin de siècle, Marie-Fortunée d’Este, princesse de Conti (1731-1803), Presses Universitaires de Limoges, 2013.

Anne Dressen est commissaire d’exposition à l’ARC, le département contemporain du Musée d’Art moderne de la Ville de Paris. Ses projets et ses écrits s’intéressent aux pratiques artistiques à la périphérie des beaux-arts officiels, notamment à travers le son et la vidéo, la copie et la reproduction, l’artisanat et le décoratif, le pornographique et le proto-queer. Parmi ses expositions: Playback – clips vidéos d’artistes (2007), Sturtevant (2010), Carol Rama (2014), Decorum – tapis et tapisseries  (2013-2014), MEDUSA – Bijoux et tabous (ouverte jusqu’au 5 novembre 2017).

Namita Gupta Wiggers is the founding Director of a new Master of Arts in Craft Studies, Warren Wilson College, NC. She is the Director and Co-Founder of Critical Craft Forum, an online community that includes a Facebook Group, podcast, blog, and annual sessions at College Art Association. Wiggers served as Director and Curator of Museum of Contemporary Craft, Portland OR from 2004-14. Current projects include serving as editor for a Companion on Contemporary Craft for Wiley Blackwell Publishers, and a research project on gender and adornment with Benjamin Lignel. Photo Credit: Scott C. Wiggers

Michèle Heuzé, historienne du bijou, diplômée commissaire-priseur et gemmologue, enseigne et collabore avec Christie’s pour la vente aux enchères de bijoux d’avant-garde.  Conseillère scientifique, commissaire d’expositions, elle est parallèlement auteur d’un film documentaire sur la place Vendôme, de livres et de nombreux articles pour les musées ou la presse.